Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!

J’ai beaucoup hésité à écrire cet article, car c’est un sujet bien personnel. Cependant, au vu de mes 2 jours pour accoucher et à toutes les questions et sentiments qui m’ont submergé pendant ce moment délicat. Je pense que cet article et ce partage d’expérience pourront peut-être en aider plus d’une, du moins leur expliquer ce qui peut se passer pour ne pas se sentir seule et oser demander, voir insister pour avoir de l’aide ou des réponses auprès des sages-femmes et médecins gynécologues.

Cet accouchement que je rêvais le plus naturel possible (lire l’article Mon projet de naissance naturel) et qui au final, a été une suite d’actes médicaux que j’avais espéré ne jamais devoir subir.

LA MAUVAISE NOUVELLE

Samedi 29 octobre 2018, date de fin de grossesse selon l’échographie du 1er trimestre (pour nous, la date était le 24) nous nous sommes rendus à l’hôpital pour le contrôle du jour J. Lors du contrôle monitoring tout était normal, la sage-femme nous avait dit qu’on allait pouvoir rentrer après le contrôle de l’échographie. Un peu déçue, car j’avais tellement envie d’accoucher. Le poids, le mal de dos et plus de deux semaines à dormir dans le canapé m’avaient éreinté, je n’en pouvais plus. Lors de l’échographie, la sage-femme fut étonnée de voir tout le liquide qui entourait notre petite Angélique. Elle fit des calculs et ce n’était pas normal, le résultat dépassait les 30 alors qu’au terme il aurait dû être à 5 environ. Elle fit donc appel à un médecin gynécologue pour vérifier et prendre la décision de me laisser partir ou non.

Le médecin fit un second contrôle et nous demanda de bien réfléchir, car avec la quantité de liquide, le risque était trop grand que le cordon sorte au moment de la rupture de la poche des eaux, cela étant dangereux et mortel pour la petite. Il nous prévient également que les contractions dues à un déclenchement sont beaucoup plus douloureuses que lors d’un accouchement naturel. Après réflexion, et suite aux risques pour Angélique, nous avons donc décidé d’accepter le déclenchement qui devait se faire de suite.

LA SONDE

Sonde de Cook est un dilatateur synthétique qui permet une dilatation du col de l’utérus par pressions mécaniques et une augmentation des prostaglandines naturelles.

Pour lancer le déclenchement, une sage-femme accompagnée d’un élève me posa une sonde. Un long tube en plastique composé de deux ballons quelle gonfla l’un étant placé au niveau du vagin, le second est placé au niveau du col de l’utérus. Ils sont gonflés d’eau jusqu’à obtenir la taille d’une belle mandarine. Acte invasif et vraiment désagréable, une sensation d’écartement interne et de brulure, mais cela reste supportable. Du moins à ce moment-là. Plus le temps passa et plus cela devint insoutenable. Le pire arriva au moment d’aller aux toilettes, une pression si forte que je n’arrivais même plus à marcher. Cédric m’accompagna au 1er étage pour voir une sage-femme, qui après osculation me dit que « non rien à bouger, il est toujours en place ». Nous sommes donc remontés dans ma chambre, Cédric partit à la maison pour s’occuper des chiens. La douleur était vraiment forte et très désagréable, je ne pouvais plus marcher ni bouger, chaque geste me donnait l’impression que la sonde aller tomber. Avec le poids de bébé, je devais aller aux toilettes toutes les demi-heures, me revoilà donc parti aux w.c., et là ce fut le drame… mdr… quoique je n’ai pas du tout rigolé à ce moment-là… je sentais la première boule sous mes doigts, j’étais en train de perdre la sonde. Je descendis comme je pus jusqu’aux urgences maternité, où effectivement la sonde était bien là, prête à être expulsé. Les sages-femmes étaient étonnées de voir cela seulement au bout de presque 4 h. Après nouvelle palpation — je dois dire qu’en deux jours j’ai eu au moins une vingtaine de sages-femmes, élèves et médecins qui ont mis les mains dans cette zone si privée habituellement — mon col s’est légèrement dilaté, passant de 3 à 4 cm. Plusieurs sages-femmes et médecins se sont consultés, car ils n’arrivaient pas à se décider sur la technique suivante. Il n’était pas possible de replacer la sonde — ouf — comme elle était tombée, cela voulait dire qu’elle ne tiendrait pas une seconde fois.

LE TAMPON DE PROSTAGLANDINE

Dans un second temps, pour faire avancer le travail nous sommes donc passés au tampon de prostaglandine — technique qu’ils n’utilisent plus depuis des années, car habituellement la sonde fonctionne bien — c’est un tampon que le médecin place jusque dans le col de l’utérus à un endroit donné, il ne doit surtout pas bouger de place. Un petit cordon sort qu’il faudra tirer le moment venu, et auquel on doit bien faire attention de ne pas toucher pour ne pas déplacer le tampon, au risque de devoir tout recommencer.

L’ATTENTE

L’attente fut longue et douloureuse. Bien installée dans ma chambre à la maternité, les contractions devenant de plus en plus difficiles tout au long de la nuit puis de la matinée. Lorsque Cédric revint au petit matin, m’apportant mon petit déjeuner. Moi accroupi contre l’évier, la douleur était si difficile, mais je n’arrivais pas à me décider à redescendre aux urgences, je ne voulais pas encore embêter les sages-femmes. C’est Cédric, me voyant craquer à un moment donné — moi qui déteste pleurer devant quelqu’un — il m’obligea à enfin y aller. Un homme sage-femme m’accompagna dans une autre salle de naissance que celle où j’avais passé tant d’heures. Il m’installa sous monitoring, puis m’examina, le col s’était un peu ouvert, mais pas encore suffisamment. Après plus de deux heures de monitoring, il appela un médecin, car il y avait urgence, la petite commençait à faiblir. Le médecin nous expliqua que les contractions soutenues que j’avais étaient devenues trop difficiles à supporter pour notre bébé, et qu’il fallait envisager une césarienne d’urgence. Il nous proposa d’attendre encore une demi-heure. Temps qui passa si vite. Il revint avec toute une équipe de sage-femme, puis pratiqua plusieurs prélèvements de sang dans la tête de notre bébé pour vérifier son taux d’oxygène. Ils furent plusieurs à essayer, car à chaque fois ils n’y avaient pas suffisamment de sang. Après cet examen, ils nous laissèrent un instant, peut-être une vingtaine de minutes.

LA PÉRIDURALE

Dans mon projet de naissance nature, je souhaitais éviter la péridurale tout en sachant que douillette comme je suis, j’allais certainement craquer et la demander. Ce fut effectivement le cas. J’ai tenu lors de la première demande de la sage-femme, mais j’ai accepté la seconde fois. La douleur était tellement intense.

Il faut savoir que j’ai la phobie des hôpitaux et encore plus des aiguilles. Lorsque j’étais petite et qu’on devait me faire les vaccins, le médecin devait chercher quatre personnes dans la salle d’attente pour me maintenir sur le fauteuil, tellement je me débattais. Tout cela pour vous dire à quel point je redoutais la péridurale. Cédric n’a pu rester dans la pièce, j’aurais pourtant vraiment aimé qu’il soit là, mais bon, c’est une élève infirmière qui m’installa la perfusion dans le bras, et une anesthésiste qui installa la péridurale dans mon dos, juste au-dessus de mon tatouage. Au départ une petite piqûre pour endormir la zone, tout à fait supportable et très vite faite, suivi d’une plus grosse aiguille, j’ai eu la bonne idée de voir des vidéos avant pour savoir de quoi il s’agissait, mais franchement je crois qu’il vaut mieux ne pas savoir. Celle-ci ne fit pas mal du tout, par contre on sent la pression pour l’enfoncer. Ensuite un fil/sonde est mis en place dans lequel un liquide froid passe, et là par contre cela devient douloureux, car on sent bien le nerf réagir à ce liquide froid. La grosse aiguille est enlevée, et elle me donne un câble qui est branché à une machine qui me permet de gérer la quantité que je souhaite pour endormir la douleur. Mais en vrai il n’est possible d’avoir qu’une dose toutes les dix minutes, largement suffisant sauf à la fin, en ce qui me concerne.

LE PERÇAGE ET VIDANGE DE LA POCHE DES EAUX

Après des heures de monitoring, il était temps de faire avancer le travail plus rapidement. C’est donc le moment de percer la poche des eaux après avoir placé une bassine sous mes fessiers. Bassine qui se remplit rapidement, la sage-femme aidant le liquide à sortir en mettant de la pression à différent endroit de mon ventre. Plus de deux litres sont ainsi sorti faisant déborder le contenant. A partir de là, j’ai eu le droit au surnom de la « Femme piscine », les autres sages-femmes et élèves venaient me voir, j’étais apparemment devenu l’attraction du week-end.

L’ACUPUNCTURE

Je ne suis pas fan des aiguilles et ai dit pendant toute ma grossesse aux séances d’acupuncture qu’on m’avait proposé. Mais là pas trop le choix, les sages-femmes, je dis bien les car j’y ai eu droit à plusieurs reprises pendant le travail pour l’accélérer.

 

INTERVENTION DE L’INFIRMIÈRE POUR TENTER D’ÉVITER LA CÉSARIENNE D’URGENCE

Tout à coup une infirmière entre précipitamment dans la salle, il fait nuit. Je suis épuisée par des heures de travail, mon mari tout aussi fatigué et stressé de ne pouvoir m’aider à soulager les douleurs qui augmentent malgré la péridurale. Des contractions à la limite du supportable, une péridurale que je n’ai plus le droit d’utiliser depuis un moment et dont j’ai l’impression qu’elle ne fait plus effet. Là l’infirmière s’agite et sors pleins de matériels des différents tiroirs, puis s’installe face à moi et nous informe — tout en vitesse — quelle veut essayer de me faire accoucher par voie basse pour éviter la césarienne d’urgence. Mon col est ouvert à 7, elle me demande de me préparer à pousser, car la petite a commencé à descendre. Je pousse de toutes mes forces, mon mari m’aide en tenant ma tête vers l’avant, et ça m’aide beaucoup. Je ferme les yeux et j’enchaîne les poussées tout en bloquant ma respiration, comme je m’étais entraîné à la maison. Entre temps le médecin gynécologue et quelques sages-femmes entrent dans la salle. La petite est bloquée au second niveau. Je reprends mon souffle, ils discutent entre eux et décide d’utiliser une ventouse pour l’aider à passer ce dernier cap. La séance de pousse recommence.

LA NAISSANCE DE NOTRE PETIT MIRACLE

Au total j’ai dû pousser une quinzaine de minutes, et voilà notre petit ange qui née. La sage-femme et le médecin ont tous les deux les mains là où il faut — je ne vous ferai pas de dessin — et me demandent d’attraper Angélique, ce que je fais sans tarder, les larmes aux yeux de bonheur. Cédric est invité à couper le cordon, ce qu’il exécute de suite tout en filmant la scène pour que nous gardions un souvenir de ce merveilleux moment. Elle fait son premier cri. Une sage-femme l’emmène dans une salle à part, car elle a beaucoup de glaire dans les poumons. Pendant ce temps, le médecin vérifie l’utérus, mais le placenta ne suit pas, il fait quelques manipulations, mais cela n’avance pas. Cédric doit quitter la pièce pour la suite, du coup il part rejoindre Angélique pour faire du peau à peau.

LE DÉCOLLEMENT DU PLACENTA

Le placenta ne sortant pas tout seule, une sage-femme s’installe pour faire un décollement à la main. Une procédure longue et vraiment douloureuse. Avec une main complètement en moi, je sens ses doigts frotter tout mon utérus pour détacher le placenta, puis elle y retourne, car il manque des morceaux qu’elle enlève morceau par morceau, tout en me disant que c’est bientôt fini. C’est certainement le moment le plus douloureux, mis à part les contractions. Trois semaines après, j’ai toujours mal dans tout le ventre, comme si je venais de me faire frapper.

LES SUTURES

Et pour terminer, les sutures. J’ai évité l’épisiotomie qui ne se fait presque plus, mais j’ai plusieurs déchirures qui vont prendre pas loin d’une quinzaine de minutes pour être suturé. Des sutures que j’ai senti pendant bien une semaine, dont les fils sont tombés tout seul. Pour prendre bien soin de cette zone, j’ai utilisé le gel douche Saforelle (soin lavant ultra hydratant). Le seul produit d’hygiène intime que ma peau supporte, et qui ne me crée par d’allergie.

L’ALLAITEMENT DE NAISSANCE APRÈS LES PREMIERS SOINS D’URGENCE

Lorsqu’enfin on me libéra de toutes ses mains qui sont passées sur moi pendant ses deux journées, j’ai enfin pu profiter pleinement de notre petite fille avec un peau à peau, et son premier allaitement maternel. Ce point fera partit d’un nouvel article spécial « Allaitement ».

Vous avez des questions sur l’une de ces procédures ? n’hésitez pas à me poser vos questions, j’essayerais d’y répondre au mieux.

Envie de nous partager votre accouchement ?

Pour ne manquer aucun article, abonnez-vous à la Newsletter 🌸

Vous pouvez également me suivre sur les réseaux @nbjockers

Et si vous avez aimé l’article, n’hésitez pas à le partager sur vos réseaux, merci 🌱

↓↓